Kessany nommé aux Sports : l’ancien capitaine face au chantier explosif du football gabonais
publié le : 3 janvier 2026 à 07h19min | MàJ : il y a 8 heures
Rédacteur : Daniel Dematsatsa
En nommant Paul Ulrich Kessany à la tête du ministère de la Jeunesse, des Sports et du Rayonnement culturel, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a envoyé un signal clair : le sport gabonais entrait dans une phase de reconstruction exigeante, au lendemain d’une période de turbulences marquée par la contre-performance des Panthères à la CAN 2025.
La décision était tombée avec la formation du nouveau gouvernement, ce 1er janvier 2026 . Dans un contexte de fortes attentes et de colère sourde du monde sportif, le chef de l’État avait choisi de confier le département des Sports à une figure issue du sérail. Ancien international gabonais et ex-capitaine des Panthères, Paul Ulrich Kessany prenait les commandes d’un ministère fragilisé par des années de dysfonctionnements et par une crise footballistique devenue structurelle.
Un ministère sous pression, des urgences à traiter
Le chantier qui l’attendait s’annonçait immense. Le sport national souffrait d’un manque de vision, de compétitions à l’arrêt ou affaiblies, d’infrastructures sous-exploitées et d’un football en perte de crédibilité, tant sur le plan national qu’international. La suspension de l’équipe nationale et la remise à plat de son encadrement avaient fini d’exposer l’urgence d’un changement profond.
L’enjeu, pour le nouveau ministre, consistait aussi à remettre de la méthode là où l’improvisation avait souvent pris le dessus. Entre attentes populaires, pression médiatique et exigences de résultats, la marge d’erreur paraissait réduite. Le moindre faux pas risquait de nourrir davantage la défiance, déjà installée dans une partie de l’opinion sportive.
Un profil du sérail, une connaissance des blocages
Paul Ulrich Kessany n’arrivait toutefois pas en terrain inconnu. Avant son entrée au gouvernement, il occupait une position stratégique à la présidence de la République, en charge des questions sportives et culturelles. Une immersion au cœur de l’État qui avait pu lui permettre de mesurer les blocages, mais aussi d’esquisser des pistes de solutions, notamment en faveur de la jeunesse et de la détection des talents.
Son parcours d’ancien sportif de haut niveau restait un atout majeur. Il connaissait les réalités du vestiaire, les attentes des athlètes, mais aussi les contraintes de la haute administration. Cette double lecture, rare dans la gouvernance sportive gabonaise, pouvait lui offrir une capacité d’arbitrage plus proche des acteurs de terrain.
Au-delà du football, l’enjeu d’une relance globale
Au-delà du football, c’est l’ensemble du mouvement sportif qui se retrouvait concerné. Le ministre devait recréer une dynamique, restaurer la confiance entre l’État et les fédérations, et redonner une place centrale à la formation, longtemps négligée. Le défi était aussi culturel : refaire du sport un levier d’unité nationale, de santé publique et d’émancipation pour la jeunesse.
Dans un pays encore marqué par les déceptions récentes, la nomination de Paul Ulrich Kessany apparaissait comme un choix de responsabilité. Mais l’ancien capitaine se retrouvait désormais attendu sur les actes, plus que sur le symbole. Car si l’image était forte, seule une action rapide et lisible pouvait transformer l’espoir en résultats.